« Les Garçons et Guillaume, à table! »: FILM DE GUILLAUME GALLIENNE

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TOURNANT CINEMATOGRAPHIQUE FRANCAIS DU XXI E SIECLE

Ce qu’il faut savoir d’abord sur ce film et qui est particulièrement nouveau, c’est que son auteur ne se place pas du point de vue des faits, bien que ceux-ci soient importants, mais du point de vue du ressenti, de son ressenti et cela change tout : Son ressenti est forcément subjectif, Guillaume Gallienne le souligne souvent lors de ses interviews et explique par cela en autre chose, son choix d’interpréter lui-même le rôle de sa mère. Cela change tout, parce-que Guillaume nous permet de toucher du doigt ce moment infime et intime et que chacun de nous a pu ressentir dans diverses situations, celui du basculement, voire du choc émotif. Et surtout des tabous sont levés, mais pas forcément ceux que l’on croit au vu du sujet abordé, non, les tabous de la culpabilité, de la honte, de ce que l’on ressent d’avoir été naïf, de la déception, du bonheur, ou celui de la transgression, le tabou des émotions; Et en plus lui, ose en parler au monde entier.
Donc ceci étant dit, à aucun moment, on ne peut reprocher au réalisateur telle ou telle mauvaise intention « homophobe » ou autre, parce-qu’il n’est jamais dans le jugement mais dans le récit de sa vie telle quelle: Vlan ! Hé oui, ça a été comme ça ! Je ne sais pas trop pourquoi ou comment, mais ça a été comme ça! Et de nous montrer par la même que chaque histoire est unique et donc.. la nôtre aussi.. Là, on est touché en plein cœur.
Comme Guillaume Gallienne est un artiste, il nous donne une version artistique de sa vie qu’il a imaginée depuis son enfance comme un théâtre où il a appris petit à petit, de spectateur à devenir acteur, puis Un acteur et pas des moindres : Un de nos plus grands, de ceux qui resteront à la postérité car il est unique, comme ceux qui ont su additionner leurs expériences pour en extraire la substance en un jeu subtil, à la fois profond et empreint de légèreté, à la manière anglo-saxonne très professionnel mais aussi très juste et sincère ; Il s’exprime avec son corps entier et grâce à cela, incarne les personnages plus qu’il ne les les joue. Il puise ses inspirations dans le mime et le théâtre japonais Nô et les plans rapprochés au cinéma servent à merveille les expressions inoubliables de son visage. Pour autant, il a une diction parfaite qui appuie particulièrement les scènes finales du film et prolonge le plaisir du bonheur partagé, et en cela, nous devons reconnaître qu’il est bien un des rares de nos acteurs a pouvoir se vanter d’une telle qualité. Mais Guillaume Gallienne ne se vantera pas, car sous ses apparences extraverties parfois, il est des plus discrets, des plus modestes et des plus fins.
Le film nous place dès le début dans la peau d’un enfant, Guillaume (la scène où le spectateur entre dans la cuisine à sa hauteur et où la caméra bouge comme sa course nous le fait immédiatement comprendre) qui va grandir au sein d’une famille dans laquelle il va avoir du mal à trouver sa place. Cet enfant se souvient d’épisodes marquants et dans sa tête de petit bonhomme (« pirouette, cacahuète »), il va s’imaginer des tas de choses sur le monde qui l’entoure et pleins de questions vont se bousculer: Pourquoi sa mère est-elle tout le temps de mauvaise humeur ? Est-ce de sa faute? Pourquoi ses frères sont-ils si beaux et si forts? Et dans cette famille aisée, structurée et pleine de principes mais fantasque, son imaginaire va chercher inconsciemment des chemins tout simplement pour survivre et grandir qui le conduiront entre autre à un malentendu sur sa sexualité dû essentiellement à l’image qu’il renvoie, image qu’il s’est construite par mimétisme avec sa mère qu’il aimait « plus que n’importe qui » et qui lui semblait plus accessible que celle de son père. Vont s’en suivre une cascade de péripéties plus ou moins agréables, mais on ne choisit pas certaines choses de notre vie.
L’histoire est suffisamment bien écrite pour nous tenir d’un bout à l’autre du film; Pleine de rebondissements, elle nous donne l’envie de faire un morceau de chemin avec les personnages.
C’est une comédie mais surtout pas un film comique, drôle souvent, touchante tout le temps.
Guillaume Gallienne, par ce premier film (en tant que réalisateur) nous livre une œuvre d’art, avec ce que cela comporte peut-être d’imperfections du point de vue de certains puristes techniques, mais moi qui suis spectatrice, ce qui m’importe c’est ce que je reçois du fond de mon fauteuil de cinéma: Le sentiment d’avoir vu un de ces films qui nous rendent meilleurs, le souvenir de toutes ces belles images, de toutes ces belles musiques, de toutes ces répliques qui me tournent encore dans la tête, de ces rires qu’il aura su m’arracher et de cette mélancolie de laquelle la grande élégance et la délicatesse de la mise en scène a su à chaque instant par de judicieux effets me sortir juste à temps, pour me dire: La vie est belle! Il suffit de savoir la regarder!
Merci Guillaume, bravo pour votre immense talent et bonne route !

A bientôt sur GRAFFITI, le blog du STUDIOLO Paris!

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