« Du Nô à Mata-Hari, 2000 ans de théâtre en Asie » au Musée des Arts Asiatiques Guimet (Paris) jusqu’au 31 août 2015

affichetheatreasie3   Dialogue entre les Arts

Très sensibles à l’évocation de toutes les expressions artistiques au Musée, nous avions hâte de découvrir cette exposition panorama consacrée au théâtre sur le continent asiatique et nous n’avons pas été déçus!
Dès l’entrée, le décor est planté avec un spectaculaire grand barong (lion à l’ossature légère habillée de textiles et de fibre végétale), figure mythologique issue du théâtre balinais.

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Grand Barong et scènes modernes: Vélo-kamishibai équipé de son «butai» Japon, années 1930 Collection Pierre Stéphane Proust

Le genre théâtrale détermine de lui-même une répartition selon les régions. Ainsi, on a le théâtre épique en Inde, les marionnettes et le théâtre d’ombres en Asie du Sud-Est et en Chine, et le drame historique au Japon. Toutes ces formes prennent naissance dans la religion et la mythologie puis se popularisent au cours des siècles. Leur point commun est que toute l’attention est portée au costume, à la parure et au masque et non au décor, rendant cet art particulièrement attrayant et comprehensible pour le public, nous laissant des témoignages d’une très grande richesse de couleurs et de matières.

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Ensemble de masques du théâtre asiatique

Le parcours comprend  donc des sections avec une description géographique du thème de l’évocation la plus ancienne aux représentations modernes comme le cinéma indien, mais dans son ensemble l’exposition n’est pas chronologique.
Tout est émerveillement alors que l’on commence par la description du théâtre épique indien qui s’inspire des grandes épopées hindoues du Ramayana et du Mahabarata, textes fondateurs en sanskrit datant pour le premier du 2 e siècle avant J.C. au 1 er siècle de notre ère. Le second, le plus long poême épique existant, a été écrit selon la légende par le dieu-éléphant Ganesh entre le 4 e siècle avant J.C. et le 4 e siècle de notre ère.

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Divinité masculine (Rama?) Cambodge, style des Khleang, 11 e siècle Bronze

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Linteau ornemental en pierre sculptée d’une scène de l’épopée du Ramayana- Cambodge, style du Baphuong, 11 e siècle.

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Détail du relief sculpté représentant une scène de l’épopée du Ramayana: Ici Rama et son frère Lakshamana font alliance avec le roi du peuple des singes Sugriva

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Bois de char orné de Krishna, cocher d’Arjuna. Inde, Kumbakonam, 17 e – 18 e siècle.  Bois

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20150414_105453 On trouve aussi dans cette salle les formes d’adaptation moderne des épopées en Inde avec au départ, de petits autels portatifs relatant les grandes fresques mythologiques, puis de petits appareils de cinéma ambulants diffusant l’art cinématographique à travers le pays.

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Autel portatif: Les portes ouvertes laissent apparaitre des illustrations des grandes épopées mythologiques. « Ancêtre » du cinéma indien qui reprend les mêmes thèmes.

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Appareil de cinéma ambulant, Inde 20 e siècle, Métal, bois, verre

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Le cinéma indien et Bollywood, une longue et riche tradition

La danse en Inde, une forme divine de théâtre:
« Selon Bharata, la finalité de l’art dramatique est de susciter chez le spectateur le rasa, sorte de sentiment esthétique pur qui rassemble les sensations éveillées par une oeuvre d’art ».

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Rasa Mandala ou danse de Krishna avec les gopi Inde, Rajasthan, Nathadwara (?), vers 1780

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Expo Theatre Asie Guimet

Hanuman, le général de l’armée des singes, Inde, kerala, 1970. Bois, textile, miroirs, papier, plumes

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Le Théâtre en Asie du Sud-Est: Théâtre dansé en Thaïlande, au Cambodge, à Bali et à Java (Khon, Khol et Wayang):

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Le Wayang topeng est un théâtre où tous les acteurs portent des masques de bois sculpté dont les couleurs varient en fonction des rôles. D’importantes différences existent entre les masques de Bali et de Java.

Ombres et marionnettes:
Loin d’être un simple divertissement pour enfants, le théâtre d’ombres est un art dramatique majeur: On le trouve dans toute l’Asie: En Inde et dans le monde indianisé, son répertoire est issu du Ramayana et du Mahabharata alors qu’en Chine il est dramatique, historique ou mythologique.

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Wayang golek d’Indonésie: Théâtre de marionnettes à tiges proche du théâtre d’ombres dont le répertoire est tiré du Mahabharata et du Ramayana

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Théâtre de marionnettes

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Marionnettes

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Chine: Substituts funéraires trouvés dans les tombes, 1 ères représentations de scènes théâtrales trouvées.

l’Opéra de Pékin:
Il est composé d’un vaste répertoire mais ses grands thèmes sont l’histoire et les mythes fondateurs de la Chine. Cet art mêle au jeu d’acteur, le chant, le mime, la musique, l’acrobatie et la jonglerie. Il fut interdit de 1966 à 1976 pendant la Révolution culturelle et rétabli en 1977 après la mort de Mao Zedong et l’arrestation de la « bande des quatre ».

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Coiffe Opéra de Pékin

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Costumes Opéra de Pékin

Le Théâtre de marionnettes Japonais: Shikoku et bunkaru:
D’origine rituelle, cette forme de théâtre s’en est progressivement détachée pour devenir un spectacle à part entière.

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 Le Théâtre Nô et le théâtre Kabuki japonais: Les acteurs de Nô portent des masques alors que dans le théâtre Kabuki, leur visage est maquillé.

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Masque de Nô

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Acteur de Nô, Japon, époque Momoyama (1573- 1603)- Bois peint

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Perruques de Kabuki, Japon, 1975 et 1981- Cheveux, résine, écaille de tortue, textile.

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Perruque de Kabuki- Japon- Textile, cheveux, écaille de tortue, résine.

Itchiku Kubota (1917- 2003):
« Les somptueux kimonos d’Itchiku Kubota illustrent le talent hors pair de ce maître du textile au service du théâtre japonais »

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Dans la bibliothèque du musée, vous trouverez une évocation de Mata-Hari, danseuse mystique à ses heures, qui a su attirer l’attention d’Emile Guimet. Grâce à lui, elle a pu donner des représentations au musée.

Un petit coup de coeur également pour l’accrochage d’estampes autour des portraits d’acteurs de Kabuki au 18 e siècle dans la Rotonde du 2 e étage du musée (jusqu’au 6 juillet 2015).

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Portrait de l’onnagata Osagawa Tsuneyo II dans la pièce « La noble dame amoureuse aux rênes colorées » d’après Chikamatsu Monzaemon. Toshusai Shakaru (actif en 1794-1795), signée Toshusai Shakaru ga, Epoque d’Edo, 5 e mois de 1794. Format oban

Impossible de retranscrire dans cet article la somptuosité et l’éblouissement provoqué par cette exposition dont les pièces exceptionnelles de beauté sont mises en valeur par une belle et sobre scénographie.
Vous l’avez compris, il faut y aller sans hésitation!

Site internet de l’exposition: http://www.guimet.fr/sites/du-no-a-matahari/3-lexposition.html

MUSEE NATIONAL DES ARTS ASIATIQUES GUIMET jusqu’au 31 août 2015
6 Place d’Iéna, 75116 Paris
01 56 52 53 00

A bientôt sur GRAFFITI!

GRAFFITI est un blog indépendant.

Pour toute information: contact@studiolo-paris.com

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