Culture et Mysticisme

PART I : L’expérience Bartabas: L’effet millefeuille de la culture

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Crédit Photo Copyright Bartabas

Mon voisin de gauche me murmure à l’oreille: « C’est une chanson de Leonard Cohen, c’est beau hein? » (« Dance me to the end of love »).
Non, il ne me drague pas, il m’informe. Oui, il faut faire le moins de bruit possible pour ne pas effrayer les chevaux.
Il me sort de ma torpeur provoquée par l’effet (intentionnellement) hypnotique de la mise en scène, des lumières, du son, des danses équines et je dois bien le dire pour une bonne part, par l’heure tardive.
Très sympa mon voisin de gauche: il est venu avec un groupe de jeunes d’Aubervilliers pour leur montrer que « la culture, ce n’est pas seulement le rap ».
La première répétition publique du dernier spectacle du théâtre équestre de Bartabas (où le maître se met en scène en personne alors qu’il s’était éloigné des feux de la rampe depuis trois saisons) « On achève bien les anges: Élégies » touche à sa fin et mon impression est mitigée.
Le nouvel opus de Zingaro, qui sera en création mondiale du 8 juin au 18 juillet 2015 aux Nuits de Fourvières à Lyon, offre une succession de tableaux au haut niveau d’exigence technique, multipliant les propositions surprenantes: Là un cheval passe dans un bain de mousse, danse avec des oies et des dindons, imperturbable aux multiples acrobaties de son écuyer. Ici, une scène cocasse issue du cirque montrant un petit homme sur un petit cheval aux côtés d’un grand homme sur un gigantesque équidé, probablement le croisement d’un âne et d’un cheval.
La dernière partie du titre « Elégies » (chants de mort) résume l’atmosphère du spectacle en blanc et noir où seule la parade macabre mais humoristique d’une troupe de clowns improbables colore le tableau d’une touche sanguine.
Toujours mon voisin de gauche: « C’est macabre non? » « Oui ce sont des Elégies ». Il note sur son portable.
Bilan de la soirée: Echange de connaissances, chocs émotionnels, transmission. Les jeunes Albertivillariens ont-ils apprécié le spectacle? Quel trace va-t-il laisser dans leur esprit? Quant à moi, je peux vous le dire, tout comme les chemins de la création sont mystérieux, les méandres de mon intellect ne le sont pas moins: L’illustration sonore du spectacle me hante et tourne en boucle dans mon cerveau. Rentrée chez moi, je me passe des vidéos de Leonard Cohen et de Tom Waits (« You are innocent when you dream »).
Finalement, quel est l’objet d’une oeuvre artistique si ce n’est de provoquer des émotions, pousser à la reflexion, nous ouvrir à d’autres formes artistiques?
Pari réussi pour Bartabas!

PART II : Ou comment les anges de Bartabas m’ont accroché aux ailes de Leonard Cohen

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Crédit Photo Copyright Leonard Cohen

Après avoir été hypnotisée par Bartabas, je me suis laissée envoûtée par Leonard Cohen.
Né en 1934 à Montréal (Quebec), le poête, romancier, auteur-compositeur-interprète de renommée internationale, intrônisé au « Panthéon de la musique canadienne », au « Panthéon des auteurs-compositeurs canadiens » et entré au « Rock and Roll Hall Fame » est toujours au coeur de l’actualité musicale à 80 ans: Un opus live enregistré lors de la tournée de l’album « Old ideas » en 2012 (« Can’t forget: A souvenir of the Grand Tour ») vient de sortir le 12 mai 2015.
Son oeuvre, magistrale et essentielle, apparait comme une longue prière rythmée de suppliques et nourrie de gratitude. Chacune de ses sophistiquées ballades nous berce sans jamais nous endormir. Le génie se niche, outre dans la poésie et l’inventivité de ses textes, dans quelques notes inattendues là où d’autres nous infligeraient ennui et platitude, avec Leonard Cohen (prononcer le d à la fin de Leonard), c’est une envolée lyrique bienfaisante et mystique. Comme les chants bibliques de David, ses textes oscillent entre prière (« Allelujah »), amour (« Dance me to the end of love ») et érotisme (« Show me the place », « I am your man »). Témoin et passeur de son époque, il a aussi traité des sujets politiques (« The Partisan », « democracy »). Ses arrangements musicaux au fur et à mesure des années jusqu’à la sonorité des concerts de sa dernière tournée mondiale (The Grand Tour: 2008- 2013) donnent à sa poésie chantée intemporelle une incroyable modernité. Textes et musiques touchent au plus profond de notre âme.
Certains artistes capables d’une telle communion avec leur public nous transportent dans un univers mystique hors du temps.
Nul doute que je ne suis pas prête de quitter cet univers, je vais me faire un plaisir d’explorer la vaste production (de 1956 à nos jours) écrite (poêmes, romans, essais) et chantée de ce troubadour des temps modernes: Les anges ont fait leur travail!

Ecouter Bartabas parler de son spectacle: http://www.franceinter.fr/emission-boomerang-les-elegies-de-bartabas

A bientôt sur GRAFFITI!

GRAFFITI est un blog indépendant.

Pour tout renseignement: contact@studiolo-paris.com

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